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Trajet de réintégration 3.0 : ce qui change pour les travailleurs en incapacité de travail en Belgique dès le 1er janvier 2026

  • Photo du rédacteur: Sylvie
    Sylvie
  • 28 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 7 jours


Une réforme majeure pour mieux accompagner l’incapacité de travail

L’incapacité de travail est une réalité qui touche chaque année de nombreux travailleurs en Belgique. Jusqu’à présent, la gestion des absences reposait surtout sur une logique réactive : attendre, constater, puis agir. À partir du 1er janvier 2026, cette approche évolue profondément avec l’entrée en vigueur du trajet de réintégration 3.0, introduit par les nouvelles dispositions du Code du bien-être au travail.


Cette réforme marque un tournant important : l’objectif n’est plus seulement de gérer l’absence, mais de prévenir les incapacités de longue durée, de maintenir le lien avec l’entreprise et d’améliorer le suivi médical. Pour les travailleurs en incapacité de travail, comprendre ces changements est essentiel afin de faire valoir leurs droits et d’anticiper leur retour au travail dans de bonnes conditions.


Qu’est-ce que le trajet de réintégration ?

Le trajet de réintégration  est un processus structuré qui vise à aider les travailleurs en incapacité de travail  à retrouver un emploi adapté à leurs capacités, soit temporairement, soit définitivement, en impliquant l'employeur, le travailleur et le médecin du travail qui évalue les possibilités et propose un plan personnalisé avec des aménagements de poste ou un autre travail, le tout encadré par la législation sur le bien-être au travail.

 

Champ d’application

  • Il ne s’applique pas aux incapacités résultant d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle.

  • Il concerne les travailleurs contractuels et statutaires, quel que soit leur secteur d’activité.

  • Il repose sur une collaboration renforcée entre le travailleur, l’employeur, le médecin du travail et les autres acteurs de santé.


L’un des changements majeurs réside dans le raccourcissement des délais légaux, afin d’intervenir plus tôt et d’augmenter les chances de reprise.


Trajet de réintégration à l’initiative de l’employeur

  • Démarrage immédiat avec l’accord du travailleur

Dès le premier jour d’incapacité de travail, un trajet de réintégration peut être envisagé, à condition que le travailleur donne son accord explicite. Cette possibilité permet d’anticiper rapidement des aménagements ou un accompagnement adapté.


  • À partir de 8 semaines d’incapacité

Après 8 semaines, l’employeur peut demander au médecin du travail d’évaluer les aptitudes du travailleur. Si un potentiel de travail est identifié, deux options sont possibles :

  • organiser une visite de pré-reprise du travail ;

  • démarrer un trajet de réintégration.


👉 Avant la réforme, l’employeur devait attendre 3 mois d’incapacité, ce qui ralentissait considérablement le processus.


⚠️Obligation pour les entreprises de plus de 20 travailleurs Si le médecin du travail constate un potentiel de reprise, les entreprises de plus de vingt travailleurs sont tenues de mettre en place un trajet de réintégration. En cas de non-respect, des sanctions sont prévues (amende pénale de 400 à 4.000 € par travailleur ; ou amende administrative de 200 à 2.000 € par travailleur)


Trajet de réintégration à l’initiative du travailleur

Le trajet de réintégration 3.0 renforce également les droits du travailleur. Celui-ci dispose désormais d’un droit d’initiative préventif.


Concrètement, un travailleur peut demander un trajet avant même d’être en arrêt de travail, afin d’adapter son poste ou ses conditions de travail et éviter une incapacité de longue durée. L’employeur sollicite alors l’avis du médecin du travail sur les aménagements possibles.


Le rôle renforcé du médecin du travail

Le rôle de la médecine du travail devient à la fois stratégique et opérationnel.


  • Prise de contact après 4 semaines

Après un mois d’absence, le médecin du travail doit, en plus de son devoir d’information sur les possibilités de trajet de réintégration, proposer une conversation au travailleur.


⚠️ Cette prise de contact n’a pas pour but de remettre en cause l’incapacité de travail, mais de maintenir le lien et d’informer.


  • Évaluation du potentiel à travailler après 8 semaines

À 8 semaines, le médecin évalue la capacité restante de travail. Les invitations doivent être envoyées par courrier recommandé.


En cas de non-réponse répétée, le médecin-conseil de la mutualité est informé. Une absence injustifiée à une deuxième invitation peut entraîner la suspension des indemnités de l’assurance maladie-invalidité. Cette sanction ne s’applique pas dans le cadre d’un trajet de fin de travail pour force majeure médicale.


Inaptitude définitive et réorientation externe

Lorsque le médecin du travail conclut à une inaptitude définitive au travail convenu et qu’aucune solution interne n’est possible, le travailleur est systématiquement orienté vers les services régionaux de l’emploi, afin d’envisager un reclassement externe auprès d’un autre employeur. L’objectif est d’éviter toute exclusion durable du marché du travail.


La plateforme TRIO : une meilleure coordination médicale

La réforme introduit la plateforme sécurisée TRIO, qui centralise les échanges entre :

  • le médecin du travail ;

  • le médecin traitant ;

  • le médecin-conseil.


Cette communication électronique améliore la coordination et accélère la prise de décision. Le consentement du travailleur est toutefois indispensable pour le partage des données médicales.


S’informer pour mieux protéger son parcours professionnel

Le trajet de réintégration 3.0 transforme en profondeur la gestion de l’incapacité de travail en Belgique. Pour les travailleurs, il offre davantage de droits mais également d’obligations, un accompagnement plus précoce et une meilleure coordination médicale. Encore faut-il en comprendre les mécanismes et les implications concrètes.


👉 Vous êtes en incapacité de travail ou souhaitez anticiper un trajet de réintégration ? Notre consultante en législation relative à l’incapacité de travail, vous accompagne pour sécuriser vos démarches et vous informer de vos droits et obligations. Contactez nous pour un accompagnement personnalisé.





FAQ

Le trajet de réintégration est-il obligatoire pour tous les travailleurs ?

Non. Il ne s’applique pas aux accidents du travail ni aux maladies professionnelles, mais concerne les travailleurs contractuels et statutaires.

Un travailleur peut-il refuser un trajet de réintégration ?

Le travailleur a le droit de refuser le plan proposé ; cependant, ne pas se présenter aux examens médicaux requis ou refuser sans motif sérieux peut avoir des conséquences sur les indemnités d’incapacité de travail.

Est-ce que je peux solliciter un trajet de réintégration sans être en incapacité de travail ?

Oui, cette mesure est nouvelle et permet, dans certaines situations, d’éviter une incapacité de travail


Mots-clés

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